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Mon domaine à moi, c’est les chevaux, les vrais. Ceux dont on a seulement un à la fois sous le capot, ceux qui mordent devant et tapent derrière comme dirait mon père. Mais les voitures, et spécialement les Porsche, c’est une affaire de famille et comme j’aime conduire, j’ai fini par suivre.

J’ai trouvé ma petite Targa 2.4 T (1973) l’année dernière chez un ami belge qui a un garage à Bruxelles. Elle vient d’Italie, elle est bleue (Seeblau attention !), elle est belle et roule bien. Là mon père me trouve digne de rejoindre le CPGE, comme lui et ma mère, à condition que je fasse le cours de pilotage.

Nous voilà partis, 6h du mat’, Genève-le Laquais, un samedi d’avril.
Temps humide et gris.
En arrivant au circuit on croise la dépanneuse, un Boxster bien plié sur la remorque. Ambiance. Je ne veux pas abîmer ma mémé !

L’accueil est chaleureux, je suis un peu nerveuse quand même. Je n’ai jamais mis les roues sur un circuit.
Après un petit café, briefing sur la sécurité puis on part intégrer nos groupes avec les voitures. J’ai le 33.
Pour bien commencer, j’oublie de débrayer en voulant mettre la 1ère (oui, j’ai une automatique à la maison). Tout le monde se retourne. Repérée.

Premier exercice, slalom et freinage. Qui eût cru que ce serait difficile de freiner ? Au bout de quelques essais ça vient, je fais crisser les pneus. J’essaie d’être mon propre ABS, pas si simple ! Après c’est direction la salle pour le premier des deux cours de théorie. Martin nous fait rire, Martin nous fait peur, Martin nous engueule (un peu), mais surtout Martin nous apprend plein de choses.
Ensuite on va rouler sur deux portions du circuit : trajectoires, apex, freinage, accélération… Je me concentre, pas facile avec ma boîte de 1973 ! Je peine parfois à trouver la 3ème (faudra que j’en parle à Schmel il paraît). Pendant les briefings, Julien nous parle ABS, PSM… et se marre en me voyant.

Après un délicieux déjeuner, c’est reparti, cette fois on roule sur une plus grande portion du circuit. J’embarque Hervé pour quelques tours, puis Julien qui me donne aussi de bons conseils notamment sur mes changements de vitesse (ah, il a aussi entendu mon démarrage du matin). Je sais qu’ils aimeraient que j’aille plus vite, mais la route est bien mouillée et je ne la sens pas. Leurs conseils sont précieux, et j’ai beaucoup de plaisir à rouler.
Je rends les plaques avant tout le monde. Je suis cassée ! Pour le retour à Genève, je laisse mon père conduire, juste pour le plaisir de me moquer un peu quand il galère aussi à trouver la 3ème.

C’était ma première sortie avec le CPGE et je reviendrai, c’est promis !

Caroline Firmenich